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Une large partie de la gauche s'indigne du choix du chef de l'Etat

23 DÉCEMBRE 2015 | PAR MICHAËL HAJDENBERG

L'annonce du gouvernement d'étendre la déchéance de nationalité et de l'inscrire dans la Constitution a glacé une grande partie de la gauche mais aussi le Défenseur des droits. Au point de redessiner le paysage politique ? Tour d'horizon des premières réactions.

Secousse ou tremblement de terre ? La volonté d’étendre la déchéance de nationalité va-t-elle simplement diviser la gauche ou carrément la faire exploser ? Mercredi soir, il était encore difficile de mesurer l’impact des annonces du gouvernement en dépit de nombreuses réactions outrées.

À gauche, il y a encore beaucoup de silences, et pas seulement parmi les ministres. Plusieurs de nos sollicitations sont restées sans réponse, à l’image d’Élisabeth Guigou, ancienne ministre de la justice, qui nous a répondu : « Attendez, là, j’ai pris deux jours. »D’autres n’ont simplement pas décroché, pas rappelé.

Sans surprise, le parti socialiste, dans son communiqué, fait bloc derrière l’exécutif, par une formule cependant alambiquée : « Malgré les multiples injonctions de l’extrême droite et de la droite dite républicaine, le président de la République a choisi de respecter les paroles qu’il avait prononcées devant le Congrès, et décidé de suivre strictement l’avis et les réserves du Conseil d’État. » Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti, a tenté de justifier la décision prise : « Ce n’est pas une idée de gauche. Mais elle est du l'ordre du symbole. »

 

Anne HidalgoAnne Hidalgo

 

Au sein du parti socialiste, certains n’ont toutefois pas tardé à se démarquer. Anne Hidalgo, maire de Paris, a ainsi écrit sur Twitter : « Je réaffirme fermement mon opposition à la déchéance de nationalité qui n'apporterait rien à la lutte contre le terrorisme. » Bruno Julliard, son premier adjoint, l’avait devancé de quelques heures : « Affreuse honte. Quand l’indignité s’ajoute à l’inefficacité. » Avant d’en remettre une couche plus tard dans l'après-midi : « Colère. On ne peut fragiliser des principes essentiels de notre République au gré des sondages et des tactiques politiciennes à courte vue. » Le groupe PS du Conseil de Paris n’est pas en reste, qui parle d’un « coup de canif à sa conception de la citoyenneté »« refuse toute forme de stigmatisation et de toute remise en cause du droit du sol par la déchéance de nationalité ». Pour le groupe, cette mesure « ouvre la porte à des extensions d’application sur d’autres motifs que ceux liés au terrorisme ainsi qu’à des surenchères de mise en œuvre comme le réclame déjà le FN ».

Parmi les « frondeurs » de la majorité, Pouria Amirshahi (sur Europe 1) évoque « une mesure totalement stupide », Pascal Cherki (sur France Info) estime qu’il s’agit d’« une mesure d’extrême droite », qu’il ne « voit pas comment combattre celle-ci en reprenant son programme », et dénonce « le choix solitaire du président », affirmant que lui ne« bradera pas ses convictions pour de la tactique ». Christian Paul tweete :  « Symbole dangereux. Mesure inefficace. Vote impossible. Ce choix affaiblit l'unité. Nos principes sont aussi nos armes. Pourquoi ? »

Les Jeunes socialistes, dans un communiqué, regrettent aussi ce choix qui « fige une différence symbolique et de droit entre les citoyens français » et pointent son inefficacité : « Cette mesure n’a aucun caractère dissuasif. Comment imaginer que des fanatiques puissent renoncer à commettre des actes sanglants par peur de perdre leur nationalité française alors qu’ils sont prêts à mourir ? Et comment expliquer la nécessité d’une telle mesure alors que peu de terroristes impliqués dans les attentats du 13 novembre étaient binationaux ? »

Plus à gauche de l’échiquier politique, le Parti de gauche estime qu’« une fois de plus, Hollande va faire pire que Nicolas Sarkozy qui avait imaginé cette mesure sans oser la mettre en place ». Jean-Luc Mélenchon dénonce « un nouveau coup de communication sur le dos des principes républicains les plus constants » et argumente : « Il est pourtant facile de comprendre qu’un binational criminel terroriste ne doit pas être expulsé ou réclamable par un pays tiers quand il est pris et condamné pour terrorisme en France. Il doit être au contraire gardé et surveillé dans nos prisons. » L’ancien candidat à la présidentielle « compte sur les parlementaires de tous bords, de droite comme de gauche, pour refuser leur voix à cet attentat contre l’identité républicaine de notre patrie ».

Chez Europe Écologie-Les Verts (EELV), le parti estime dans un communiqué « qu’on ne devrait toucher au texte fondamental qu’après un débat équilibré et pas sous le coup de l’émotion ». Pour EELV, « c’est une mesure dangereuse pour le pays »« il est hors de question de soutenir l’idée que certains Français le sont moins que d’autres ». EELV appelle aussi les parlementaires à « refuser en conscience cette insupportable atteinte aux principes d’égalité et de fraternité ». Julien Bayou, un de ses porte-parole a tweeté à l’attention de Manuel Valls : « Appliquer le programme du FN, créer deux catégories de Français : la honte », avant de parler sur France Info d’un « scandale absolu. » Pour Éric Piolle, le maire de Grenoble, « le gouvernement défigure la République et exauce le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. Crépuscule lamentable pourFrançois Hollande. »

 

Jacques ToubonJacques Toubon
Au sein de la société civile, Jacques Toubon, Défenseur des droits et ancien ministre de la justice (époque RPR), s'est une nouvelle fois autorisé à donner des leçons à la gauche : « Si cette déchéance était votée, je pense que nous passerions d’une république indivisible à une république divisible, et nous passerions d’une citoyenneté indivisible à une citoyenneté divisible. Ces principes figurent dans notre Constitution. Cela veut dire qu’il y aurait deux sortes de nationalités. L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 garantit ce droit acquis dès l’instant de la naissance en France. Si le cas échéant, l’expulsion se fait vers un régime dictatorial ? Cette mesure n’est pas juridiquement et symboliquement une bonne mesure. »

 

L'économiste Thomas Piketty, dans son blog, sort de sa sphère de prédilection pour expliquer qu’« à  l'incompétence économique, voici que le gouvernement ajoute l'infamie ». Il prévient : « Tous ceux à gauche qui refusent cette politique lamentable doivent se réunir pour imposer une primaire citoyenne à gauche en 2017, afin de choisir le meilleur candidat contre la droite et l'extrême droite. Si François Hollande pense être ce candidat, qu'il se présente aux primaires. Mais qu'il n'ajoute pas à tout cela un déni flagrant de démocratie. »

Quant au syndicat de la magistrature (classé à gauche), il s’alarme : « Le gouvernement doit sortir de l’état de sidération qui le conduit à brader l’État de droit : introduire l’état d’urgence dans la Constitution, c’est assurément “saper les fondements de la démocratie” au prétexte de la défendre et oublier l’avertissement donné, dès le 6 septembre 1978, par la Cour européenne des droits de l’homme, qui enjoignait les États à ne “pas prendre, au nom de la lutte contre… le terrorisme, n’importe quelle mesure jugée par eux appropriée”. »



24/12/2015
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